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Rurrenabaque
Descendre de l’altiplano pour découvrir la région du Beni située au nord de la Paz donne l’impression d’arriver dans un tout autre pays. Nous avons passe une semaine dans l'Amazonie bolivienne ou les montagnes sont remplacées par des forets vierges denses habitées par d’innombrables espèces d’animaux. Le parc national Madidi, un des plus grands d’Amazonie bolivienne regroupe plus de 40% des espèces mammifères des Amériques par exemple. Parmi les espèces que les gens viennent découvrir ici l’anaconda, le puma et le dauphin rose sont les plus spectaculaires, mais des milliers d’insectes, de serpents, d’araignées, d’oiseaux superbes, de poissons, caïmans et de singes font également la joie (ou pas) des visiteurs.
Going gown from the altiplano to discover the region of Beni which is located north of La Paz gives the impression of arriving in a totally different country. We have spent a week in the Bolivian Amazonia where mountains are replaced by thick rainforests inhabited by numerous species of animals. The Madidi National Parc is one of the largest of Bolivia and has more than 40% of the mammal species in America for example. People mostly come here to see the great anacondas, pumas and pink dolphins but people can also enjoy (or not) millions of insects, snakes, spiders, beautiful birds, fishes, caimans and monkeys.
Rurrenabaque sur les bords du rio Beni
Tout cela se mérite évidemment et nous avons mis 20h en bus pour rejoindre Rurrenabaque de La Paz bien que la distance parcourue ne soit que de 440km…Il faut dire que l’on passe de 4000m d’altitude a 300m seulement. Autrefois ce voyage se faisait par la fameuse « route de la mort », la route la plus dangereuse au monde (26 accidents mortelles par an, soit un toutes les 2 semaines…). Cette route ou plutôt chemin en terre de 3m20 de large (empruntée par des camions, voitures, bus…) longe un précipice profond parfois de 1200m, la chute ne pardonnait pas malgré les offrandes d’alcool potable a la Pachamama et aux roues des camions! Heureusement depuis peu une route parallèle a été ouverte, goudronnée et surtout beaucoup plus large, le précipice est toujours la mais la descente un peu moins stressante. La dernière partie qui se fait toujours sur l’ancienne voie nous a permis d’ailleurs d’apprécier pour une petite distance les nerfs du chauffeur même si le précipice était un peu moins profond…
All that comes to a price and it took us 20h in a bus to reach Rurrenabaque from La Paz although the distance between both cities is only 440km… It has to be said that we passed from nearly 4000m to 300m of altitude only. A few years ago, passengers had to pass through the famous “Death road”, the dangerous road on earth (26 deadly accidents each year, one every 2 weeks…). This road or rather this dirt path with a width of 3m20 (where big trucks, cars and buses passed…) is bounded by a steep cliff up to 1200m deep. A fall from this cliff was of course deadly even with the drops of drinkable alcohol offered to the Pachamama and the truck wheels. Fortunately, a new and much better road has been opened a few years ago which is much larger but the cliff is still very high and stressful. The last part of the road joins the old one and gave us the opportunity to appreciate the skills of the driver even if the cliff was less high the road was still very difficult…
La route pour aller a Rurrenabaque (20h de bus pour parcourir les 440km)
Nous étions très hésitants sur les tours proposés par les nombreuses agences pour faire 3 jours de pampa (remonter la rivière entre autre et observer plein d’animaux… et de touristes) ou 3 jours de jungle qui offrent une version plus isolée et plus calme mais ou il est évidement plus difficile d’observer les animaux. Alors que nous faisions le tour des agences nous sommes tombes sur Thomas, français exilé volontairement en Bolivie et organisant des tours plus tournes vers la qualité que la quantité (et inévitablement un peu plus cher). Le hasard a fait que nous sommes arrives a Rurre en pleine période de transhumance. La transhumance ici consiste à déplacer les troupeaux des zones sèches (pendant l’été, période pluvieuses) aux zones plus humides pour l’hiver (saison sèche). Nous avons donc fait la transhumance de centaines de vaches (750) sur des chevaux, les accompagnants des terres hautes aux terres basses (inondables pendant 6 mois de l’année) avec Thomas et 3 vaqueros (cowboys) magnant le lasso comme dans les westerns. Nous avons perdu quasiment la moitie des vaches par manque de vaqueros, mais quelle expérience !!
We didn’t know what to take between the different tours proposed by the numerous agencies for 3 days of pampa (river on a boat to observe lots of animals…and tourists) or 3 days of jungle which offers the advantage of being more isolated but seeing less animals. We met Thomas while we were investigating which agency we would take. Thomas is a French guy who left France to work here a few years ago and offers tours that are more towards quality than quantity (for a little more money of course). It happened that we arrived just at the time of transhumance. The transhumance here consists in bringing the cows from the dry areas (they are left there in the summer, rainy season) to the wet lands for winter (dry season). We have done the transhumance of hundreds of cows (750) on horses, bringing them from the high lands to the lower lands with Thomas and 3 vaqueros (cowboys) throwing the rope (lasso) like in westerns. We have lost half of the cows due to a lack of vaqueros but what an experience!!
Crane de Buffalo (non ce n’est pas un crabe a l’intérieur mais bien l’une de ces bêtes avec trop de pattes qui pullulent dans la jungle !)
Prête pour la transhumance
Un des vaqueros ramenant au lasso un veau égaré
La transhumance
I’m a poor lonesome cowboy…
Arrivés en terres basses, nous sommes restes 2 jours dans une grande estencia (ferme) qui possède des milliers d’hectares, des dizaines de chevaux et des centaines de vaches. L’estencia appartient à un jeune bolivien (sa famille est une des 5 familles qui détient la quasi totalité des terres du Beni de pères en fils) et tenu par un vaqueros Alvaro qui y vit avec sa femme et ses 2 enfants. L’estencia est idéalement placées et donne accès a des hectares de pampas (grandes étendues d’herbes hautes de type savane) et de jungles d’où il est possible de rejoindre le Rio Yacuma. Alvaro a été notre guide personnel pendant 2 jours, nous avons donc pu faire des promenades a cheval (et a pied) dans la pampa et dans la jungle pour y observer diverses animaux (singes, serpents, oiseaux, perroquets Haras sauvages, caïmans, ect..) de jour comme de nuit.
When we arrived in the low lands, we stayed 2 days in a big estancia (farm) with thousands of hectares, tens of horses and hundreds of cows. The owner of the estancia is a young boliviano (his family is one of the 5 that owns all lands in the Beni region, from father to son) and the estencia is managed day after day by a vaqueros Alvaro who lives there with his wife and 2 boys. The farm is ideally situated next to huge lands of pampas (high grass like in a savanna) and jungle where it is possible to reach the Rio Yacuma from there. Alvaro was our personal guide and we did horse riding and walking in the pampa and the jungle and observe various animals (monkeys, great birds, snakes, wild Haras, caimans, ect…) on days and nights.
L’œil du caïman dans l'objectif de Cédric
Oiseau Serere, symbole du parc Madidi
Alvaro nous apprenant la pêche au piranha
Apres une petite séance de réparation avec de la glaise par Alvaro, nous avons pu profiter d’une balade en barque sur le Rio Yacuma. Glissants d’abord en silence sur l’eau marron dans la jungle, nous avons fait halte sur une zone peuplée de grands oiseaux appelés garsa. Nous avons ramassé un des bébés tombé du nid pour le nourrir jusqu'à se qu’il puisse voler et lui éviter une mort certaine, dévoré par les caïmans dès le soir tombé.
Alvaro had to fix the boat with mud before we set off on the Rio Yacuma for a little expedition. First we navigated quietly on the brown waters bounded by the jungle and then we put feet on the ground in an area inhabited by thousands of birds, especially those huge ones called garsa (a heron.. a what? ahhh un heron!). We took one home as it had felt off the tree and couldn’t move or eat and was going to be eating by a caiman at night according to Alvaro.
Sauvetage d’une garza
(Heron)
Nous avons beaucoup apprécié le temps passé a l’estancia à jouer avec les enfants et les diverses animaux (des poules, 7 chiens, une tortue de terre, un biquet de quelques jours a la patte cassée, un petit cochon de quelques jours aussi, un buffalo d’un mois, ect..). Se lever aux aurores pour traire les vaches nous a aussi permis de gouter le meilleur café au lait du monde, celui dont le lait provient directement de la vache.
We had a great time at the estencia, playing with the kids and the numerous animals (hens, 7 dogs, a tortoise, baby goat with a broken leg, a little baby pig of a few days, a 1 month old buffalo, ect…). Getting up at dawn for milking the cows allowed us to have the best coffee with milk in the world, the one where you get the milk directly from the cow.
Le fils d’Alvaro nous présentant son copain le petit cochon d’1 mois
Le petit café au lait du matin …
Cela a aussi été l’occasion de voir un autre aspect de la Bolivie. Que ce soit géographiquement ou culturellement parlant, l’altiplano et la Bolivie amazonienne sont totalement différents. Alors que l’altiplano correspond aux hautes terres peuplées principalement des descendants des cultures andines (quechua…) supportant leur président Evo Morales (premier indigène au pouvoir), la population des basses terres du pays est beaucoup plus métissée (ne parlant généralement que l’espagnol) et vit sur le territoire de grands propriétaires terriens hostiles au président. Notre retour a La Paz a d’ailleurs été retarde par une manifestation des agriculteurs fruitiers qui ont bloques (et bloquent toujours… plus de 2 semaines) la seule route menant a La Paz entrainant rapidement une pénurie en essence et donc en électricité et paralysant ainsi la petite ville de Rurre. Cela nous a permis de relativiser les « prises d’otage » françaises qui entrainent (oh mon dieu !) parfois des heures de retard sur les réseaux parisiens… Apres quelques jours d’attente, la situation ne se débloquant pas, nous avons fini par prendre un petit avion (19 places) pour rentrer a La Paz, la remontée de l’Amazonie a la Paz en 40 min est impressionnante et pas toujours rassurante mais la vue lors de la traversée de la Cordillère Real est inoubliable avec le Huyanapotosi (environ 6000m) au bout de l’aile !
This week gave us the opportunity to see another side of Bolivia. The geographical and cultural differences between the altiplano and the Bolivian Amazonia are striking. The altiplano corresponds to the high lands inhabited mostly by the Andes people (Quechua …) who support their president Evo Morales (first indigenous president). The people from the low lands (north and East) mostly speak Spanish and live in large areas owned by huge families hostile to the president. It took us some time to come back to La Paz due to huge protest about the implantation of a fruit juice factory. The road from Rurre to La Paz was blocked (and still is...more than 2 weeks) leading to a shortage of gas and therefore electricity in te small town of Rurre. It was good to see that the 2h delays due to frequent French train strikes for example weren’t that terrible. After a few days waiting, seing that things were getting nowhere, we decided to take a little plane (19 seats) to get back to La Paz. In 40 min we went back from the Amazonia to the Altiplano and the flight, although quite scary, was amazing with the Huyanapotosi (6000m high) at the end of the wing!
Le Huaynapotosi au bout de l’aile
Retour a La Paz
La Paz
La Paz souvent décrite comme la capitale la plus haute du monde (à tort car Sucre est la capitale) est effectivement la ville la plus peuplée du pays et est le siège du pouvoir exécutif et législatif. Nichée au fond d’une cuvette sur l’altiplano, la ville immense tapisse le fond de la cuvette et les maisons montent jusqu’au bord de l’alto (partie haute) donnant une impression de grandeur incroyable. Un tour à pied (uhf… nous sommes de retour en altitude) en haut du Mirador Kili Kili nous a permis d’apprécier cela à 360°.
La Paz is very often erroneously described as the highest capital of the world (Sucre is the capital) but it is true that it looks like a capital as it is the most populated city in Bolivia and bears the legislative and executive powers. Nested at the bottom of a bowl-shaped valley, the huge city expends on the sides of the valley up to the alto (high part) giving an impression of immensity. We climbed up (humf.. we’re back in altitude) to the Mirador Kiri Kiri which allowed us to enjoy the view at 360°.
Le stade le plus haut du monde et le Huyanapotosi en fond
La Paz possède de très jolis bâtiments, places et ruelle, telle que la rue « Jaen » ou « rue des musées », aux jolies maisons colorées. Au siècle précédant, cette rue avait pourtant une toute autre allure, très sombre et empruntée par les ivrognes, la légende raconte qu’elle était également réputée pour être propices aux phénomènes surnaturels : fantômes, bruit de chariot qui grince et autre terreur (l’un serait-t-il lié a l’autre, on ne saurait le dire). Une croix verte a été installée en l’entrée de la rue pour conjurer le mauvais sort.
There are some great buildings in La Paz, and also squares and little streets like « Jaen » or also « street of museums », beautiful with its colorful houses. However, this street was totally different in the last century and was a dark little street with a very bad reputation. Strange phenomenon, ghosts and other inexplicable noises were reported. In the same time, it was said that this street was very popular with drunk men as well (is that related to the strange stories... no one can say). A green giant cross has been hung up at the entrance of the street for keeping away the bad spirits.
La rue “Jaen” avec la ville s’étendant sur les bords de la cuvette.
Le musée ethnologique très intéressant et très bien fait nous a surpris par l’atmosphère particulière qui règne dans la salle des masques des différentes ethnies et qui donne la chair de poule.
The Ethnology Museum was very interesting and the atmosphere in the masks room was particularly stunning, giving us goose bums.
Un des nombreux et fascinants masques du musée Ethnologique
La Bolivie est un pays qui bouge, et nous en avons eu la démonstration lors d’une balade en ville, une manifestation pour une hausse des salaires dans les professions sociales (hôpitaux, écoles ect..) qui traversait le centre ville et des fumées lacrymogènes nous ont forcées à rebrousser chemin dans la zone touristique. On trouve y quelques rues qui font le bonheur des gringos, des magasins vendant de jolis vêtements en alpaga, des petits sacs en cuir, des bonnets en laine etc. Certains magasins sont tenus par des femmes parfois qualifiées de sorcières parce qu’elles vendent diverses ingrédients pour faire des potions incluant des fœtus de lamas, et d’autres choses bien étranges.
Bolivia is a country that moves a lot, and we could appreciate this during a walk in the city centre where social workers (hospitals, schools..) were demonstrating in the streets. Very entertaining but the lacrymogenes smokes forced us to pull back in the touristic area where some streets are just the gringos paradise. Shops selling beautiful alpaga clothes little leather bags, hats ect.. Some shops are said to be owned by “witches” as they sell all sorts of strange ingredients such as lamas fetus to make potions.
Fœtus de lamas et autres bizarreries dans les rues commerçantes du centre de La Paz
Nous quittons La Paz pour aller visiter le lac Titicaca et traverser la frontière pour visiter le dernier pays de notre voyage, le Pérou.
We are now leaving La Paz to visit the Titicaca lake and to cross the border to Peru, the last country to visit before going back home.
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J'en reste bouche bée !! Bravo !